En allant au Briand, nous avons rencontré
Un groupe de randonneurs qui n'étaient pas pressés
Ils faisaient l'tour d'la terre
En suivant la rivière.

En suivant la rivière qui au bout du sentier
S'engouffrait dans la terre
La terre qui la gobait au milieu du bosquet.

En allant au briand nous avons décidé
De ne plus y aller, car le ciel menaçait
De tousser en soirée.

Michel nous a embarqué sur un nouveau chemin
Un drôle de chemin d'fer qui nous a stupéfait
Car, là était l'entrée.

Laissons là, cet hommage à Prévert
Pour reprendre à nouveau des propos
Heu !!! Plus clairs ???

  Le ruisseau n'est pas bien haut mais la météo peu stable, nous détourne de notre projet de baignade.  En revanche nous ne sommes que cinq et Michel y voit l'occasion de visiter Fontilles car, trois d'entre nous ne la connaissent pas. Pas d'enthousiasme général mais une moue dubitative, la réflexion s'installe pendant que le fond du Briand s'éloigne encore une fois, balayé par l'image perturbante de la particularité de la grotte envisagée. Heum!!! Sérieusement, sans l'insistance de Michel qui a de nombreuses fois pratiqué l'endroit et son assurance à gérer le souci, j'aurais continué à me passer de cette visite.
C'est qu'il faut être un peu coupé d'indien pour pister l'inopportune venue du cheval de fer, mais un petit dessin éclairera l'obscure allusion.

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Et oui, c'est navrant, l'entrée est là dedans. C'est la seule situation ou, on adore l'idée d'une grève des trains totale et sans service minimum. Un joggeur qui du chemin a aperçu nos mines désabusées, nous lance en passant sur le pont :
--- Tchou ! Tchou ! Hé !!! Faites gaffe aux escarbilles !!!!
Humour de tunnel .
Sans compter les automobilistes qui au croisement au dessus, ont la pénible habitude, apparemment de klaxonner, un détail on ne peut plus crispant.

Malgré l'heure encore matinale, nous nous replions sur le pique-nique, ruminant notre casse-croûte en regardant bien sûr passer les trains, surtout les trains de marchandises, longs, bruyants, arrogants.
Michel a la technique, nous, nous ne demandons qu'à obéir et avec soulagement, nous avons raté le train à l'aller et au retour. Le temps d'un crissement bref d'une course dans le remblais et, nous nous volatilisons.

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Nous ne dérogeons pas au plaisir surprenant de l'appel d'air dans l'étroiture  crée au passage d'un train, un rot de dragon posté à l'autre bout, un écho inoffensif d'autant plus appréciable que nous sommes hors de portée.
Nous parcourons jusqu'à son terme le long méandre, alternant escalades nécessitant bout de corde et échelle et, faufilage entre les coulées. Régulièrement nous anticipons à tord la fin de la galerie, sans éroder pour autant la persévérance de Michel qui calmement nous remet dans les rails pour poursuivre jusqu'au terminus, tout le monde descend !!!

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  Les grottes sont parfois comme des histoires, la fin peut varier en fonction de la tournure. Anne-Marie qui connait bien elle aussi la cavité n'avait pas le souvenir de cette fin là, mais l'histoire demeure bonne .