calcaire et crayon

02 juillet 2011

un air de Cigalère

  1er août 2010, je regagne le camp Arshal pour la seconde fois, pour une durée de deux semaines et une seule course de caddy en grande surface à St Girons, dont nous venons juste de nous acquitter. Cette année j'ai tiré le caddy viande, un mauvais cheval. Une heure de patience frileuse à jeter des coup d’œil navrés au boucher qui débitait sans relâche nos rôtis, me laissant affronter le regard dubitatif des clients qui s'impatientaient au stand. Résultat, je suis arrivée bonne dernière mais soutenue au final par les autres canassons avant la ligne d'arrivée en caisse.
Nous voilà donc à nouveau au pied du Bentaillou. Le soleil au zénith, nous écrase d'une lumière accablante. Nous devons pourtant nous décider à confier nos véhicules à un parking improvisé au milieu des édifices délabrés qui n'offrent guère une perspective accueillante. Difficile de dire lesquels de ces bâtiments sont encore fonctionnels. Le 4X4 contenant les denrées périssables est privilégié pour réquisitionner le peu d'ombre qui se cache sous un vague garage. Au milieu de cet environnement éblouissant auquel nous tentons tant bien que mal de nous soustraire en nous entassons autour du véhicule, se glisse une bouteille de vin distribuée à la volée qui s'efforce d'apporter une touche festive au repas de tomates tièdes et de chips luisantes qui s'étale à nos pieds. Hélas, pas de quoi nous faire oublier la pépie qui nous guette à la montée.
  J'ai embarqué mon fils, Coco un ado-mestique. J'entends par ce terme situer l'animal dans son environnement familier, le plus souvent dans sa chambre et à courte distance d'une borne wi-fi. En ayant conscience de ses habitudes je ressentirai presque une certaine culpabilité en l’entraînant ici, aux confins de l'univers, vers le rien , le néant, dans le pays des vrais moutons ... Des n'ours ... Mais j'aurais tord de me plaindre car il n'a pas vraiment opposé de difficultés à ce séjour. Bref !! Nouveau venu, le nez en l'air par dessus mon épaule, il s'enquière de situer l'endroit exact ou nous sommes censés aboutir dans le rempart qui nous fait face. Tout comme André l'année dernière, le bras levé, je pointe du doigt tout la haut le sommet de la pyramide. Le sentier de 12 kms dessine nettement un zigzag qui s'articule sur 30 virages à négocier pour les conducteurs. Sans l'ombre d'une hésitation, il opte aussi sec pour être le copilote de Bernard. Et si ce choix est économe d'effort, il n'en est pas moins sensationnel et distrayant car comme l'année passée Pascal, n'a pas manqué de faire son show avec sa BX, crachant kits et boulons aux entournures.


010 Bati mine Bentaillou net 

Sur le parking dans l'agitation ambiante, je tente de minimiser au mieux notre tas d'affaires, soupesant le nécessaire et l'indispensable mais je reste taraudée par le doute d'une erreur d'appréciation. Avant de grimper, je m'assure que tout soit embarqué. En ce début de camp le nombre de véhicules qui montent est insuffisant, déjà gavés par les courses le moindre espace se négocie avec les conducteurs. Un petit sac se glisse sous un siège, un duvet vient amortir les chocs, etc... Les kits s'alignent au ras du plafond. A peine cette corvée achevée Lucienne qui  piaffe d'impatience campée sur ses bâtons, m’enrôle avec précipitation. J'imagine qu'elle recherche une compagnie discrète, efficace et je crains un court instant de ne pas être forcément à la hauteur. La dame a certes un certain âge mais son attitude déterminée et ses jambes aux mollets fermes ne laissent aucun doute sur sa condition physique et le rythme qui se préfigure. Nous avançons sans traîner mais sans excès non plus , nous laissant libre de converser tranquillement. C'est encore une nouvelle mémoire qui m'accompagne sur ce trajet, teintée elle aussi d'un accent remarquable qui sarcle le sentier. Lucienne est belge, les mots semblent soumis à la gravité terrestre, et ses souvenirs montagneux s'élèvent et dépassent aisément les limites du Bentaillou. Ces jambes là ont botté plus d'un cailloux sur des chemins aventureux et dans les profondeurs, et usé plus d'une combinaison néoprène dans des siphons d'eau noire. Lucienne est une plongeuse de la première heure et pas en eau chaude croyez le, une mère supérieur des Abysses d'une âme inébranlable ( pas la p'tite sirène cöA ... ;)).
 Et un chameau comme moi, extrayant toutes deux à la lisière de la forêt avant d'attaquer la côte ensoleillée, nos minuscules fioles d'eau qui ont pour avantage de tenir dans une poche latérale du sac à dos. Arrivées devant le porche de la Cigalère, nous éternisons les quelques gouttes qu'ils nous restent.  Nous débouchons sur le tertre une demi-heure après les voitures, retrouvant les chauffeurs empressés à ranger les victuailles. Toute en lenteur, nous nous glissons à l’intérieur du chalet pour  réhydrater notre bec dans un quelconque breuvage. Les cachets n'ayant pas encore fait leur effet dans les bidons d'eau, et notre manque ne pouvant en attendre d'avantage. Guillerettes, nous jetons notre dévolu sur les canettes de bière qui sont, je m'en fais la remarque, débarquées en premier et à portée de main. Nous n'hésitons pas non plus à corrompre les autres marcheurs qui déboulent à leur tour.

014 Lucienne


  Survient ensuite l'apparition de nombreuses cloques sur la pelouse, un véritable catalogue de tentes d'une marque bien connue vantant justement les mérites de sa rapidité d'installation. Un gain de temps qui s'ajoute très sportivement à l'apéro tant convoité par tout un chacun.

  Le Bentaillou est une fenêtre dont on ouvrirait très grand les volets. Nous nous y postons pour y voir défiler les levées de soleils rosissants, les assauts des vagues de la mer de nuages ou disparaissent un temps les ruines des bâtiments miniers ou, constater les variations d'altitudes des moutons qui font office de baromètre.

  Les projets du jour se tartinent au petit déjeuner, s'élaborent au rythme des toussotements du percolateur qui enchaîne les tournées pendant que le thé lui, peine à se teinter dans l'eau traitée. Seule l'odeur de la soupe achève de nous réveiller. Celle que Christian prépare quotidiennement en ronchonnant dans la cuisine à côté et dont il impose la consigne d'un long mijotage jusqu'au soir. Cette soupe qu'il revendique agréée Bentaillou par les bergers locaux et que d'autres, à l’appétit frugale, voudraient lui faire alléger autant en matière grasse qu'en énergie consommée. Mais cet outrage quotidien produit autant d'effet que les vagues de brouillard sur le paysage. La soupe est à l'image de son touilleur consciencieux, riche et inépuisable.

011 Le frigo Bentaillou net

Navré, chacun retourne à ses décisions matinales, les randonneurs randonnent, les bidouilleurs bidouillent, les photographes photographient et les explorateurs explorent. Le jour suivant on échange, sauf Lucienne qui explore ardemment piquée par la polémique diététique.


  Pour notre part nous choisissons de démarrer raisonnablement en emmenant du matériel à l'entrée du Martel et en prospectant les entrées potentielles des environs. Lucienne embarque son matériel et se dévoue pour descendre les éventuels accès,  Bernard, Coco et moi même formons notre petite équipée. A mi-parcours je les quitte un instant pour remplir quelques bouteilles d'eau potable à la source des Ancolies et les  dépose ensuite non loin du sentier pour les récupérer au retour. Je grimpe encore une dizaine de mètres pour les rejoindre et je découvre soudain un paysage de cendres en suspension, mais la surprise de ce spectacle ne vaut que pour moi. Ils réagissent avec stupeur au trouble que je leur décris, invisible pour eux et sans douleur pour moi. Je cligne successivement les paupières pour conclure que c'est l’œil gauche qui est atteint. Nous poursuivons notre périple sans trop savoir quoi décider. Le matériel est déposé à l’entrée du canal comme convenu et Lucienne descend une diaclase sans suite. Le brouillard qui gagne accentue d'avantage ce moucheté noir qui m'incommode. Au loin d'Espagne, le grondement de l'orage sonne le retour au camp. Là bas, Pascal le toubib à qui je brosse les symptômes et mes antécédents rétiniens, se refuse à un diagnostique léger. Au chalet de l'EDF chez nos voisins, il obtient par téléphone les informations concernant les urgences ophtalmologiques du soir. Nous devons partir sur le champ avec Bernard pour Toulouse à l’hôpital Purpan. Une lumière verdâtre à envahie le paysage, l'orage est là et de violents coups de vent nous jettent sur la piste. La descente est longue, le fracas de l'orage nous assourdie et dans la lumière des phares la végétation s'affole. Nous espérons qu'aucun arbre ne soit tombé. En débouchant hors de la piste , nous nous sentons soulagés d'avoir parcouru peut être le plus pénible. Aux environs de minuit après nous être un peu égaré au milieu des bâtiments, un fond de l’œil nous éclaire au moins sur les faits. Pour ceux que le diagnostique peut intéresser, il s'agit d'un éclatement de la poche du vitrée qui est soudain et peut parfois être encore plus spectaculaire ( plus rien n'y voir), ce sont les débris de cette poche qui flottent à l'intérieur de l’œil. Au vue des nombreuses sutures au niveau de la rétine, le risque de rupture au moment de l'arrachement était tout à fait envisageable et notre visite est loin d'être un luxe. J'apprends au passage que l’œil droit n'est guère plus fiable. En général ce problème touche des personnes plus âgées mais l'altitude et la déshydratation ont certainement constitués des facteurs déclenchant.
 La haut, les orages défilent sans arrêt pendant trois jours et nous préférons patienter que la piste ait séchée un peu, un virage a semble-t-il commencé à dégringoler.  Avec le retour du soleil , nous croisons le Grand Tétra en goguette aux abords de la forêt . Nous regagnons le chalet pour assister au départ des participants de la première semaine et à l'arrivée de ceux de la deuxième. Un temps malgré tout suffisant pour entendre le récit des sorties du Coco qui a profité de mon absence pour faire une vrai belle sortie, au Solitaire et c'est plutôt sympa comme nouvelle.

012 Cabane berger Bent net

  Nous avons quelques adolescents en majorité peu volontaires, dont la nature toute en longueur les porte à se voûter à l'approche d'un écran d'ordinateur. Pour redresser cette inclinaison, Christian se plante comme un tuteur dans le programme des moussaillons et ça sent déjà la soupe à ce moment là !! Il initie ses disciples à l'art de rafraîchir une bière à bonne température dans un lac de montagne ou à la savourer au retour d'une visite aux Contemplatifs. Finalement le Coco il m'a dit qu'il ne regrettait plus d'être venu ...

  Durant notre absence, la Cigalère a fait une pousse de croissance à partir de la Galerie des Aixois. L'exploration de cette zone a finalement alimenté nos quinze jours de camp.
La Cigalère malgré sa notoriété très ancienne, surprend en nous offrant chaque année l'opportunité de parcourir de nouvelles galeries vierges. L'année dernière avec Nadine nous avions arpenté sans nous en douter des salles inconnues dans l'affluent de la Onze. Christian a d'ailleurs repris cette année l'explo avec Laurent là ou nous l'avions interrompu, un petit porche ou s'écoulait une petite rivière qu'ils ont parcouru jusqu'à son rétrécissement un peu plus loin. Cette année Guido et Lucienne n'ont eu qu'à dégager quelques pierres dans un cul de sac, sous une coulée puis a se faufiler à quatre pattes sur une dizaine de mètres pour déboucher dans une nouvelle branche des Aixois et laissait à son terminus  une escalade pour l'année prochaine.

009 Cigalère Aixois net 10


 Les hauteurs de la Cigalère, pour rappel un gouffre qui se conçoit à l'envers, contrastent radicalement avec la partie basse d'entrée ou l'on traverse des galeries lumineuses, scintillantes à outrance comme une carte de vœux. Les extrêmes sont en revanche austère, les galeries sont si peu accueillantes qu'elles donnent au froid tenace encore plus de mordant. Personnellement je fulmine contre le schiste sombre et friable qui ne ménage en rien ma demi-vue. Une terre noire dégringole de ci de là des plafonds et laisse sur les cordes en place un aspect vieillot, peu engageant pour celui qui ignore qu'elles viennent d'être installer comme c'était mon cas. Les équipes se sont succédés pour effectuer topo et photos de rigueur (je ne peux me permettre d'exposer de photos de la cavité, les droits sont propriété de l'état, ça m'est donc interdit:-/).


  Un matin au petit déjeuner au stade ou le programme quotidien infuse encore dans une eau trop chlorée, nous échangeons en courts termes avec Nadine, revenant la veille des Aixois elle me dit : « Aujourd'hui je ferais bien beau et facile ». De cette réflexion minimale découle son opposé tout aussi simple. Si d'aucun vante souvent les qualités avenantes de cette cavité, il faut savoir qu'elle aussi, peut parfois se réveiller « moche et pas facile »....

 

013 mine Narbone

Pour info :))
Un site Arshal est en cours de construction, il doit être présenté à la commission préfectorale avant d'être mis en ligne. Une fois cette formalité remplie, je mettrai son lien dans les favoris .
Voilà !! Voilà !! ;) @+

Chose promis, le voici :

http://arshal.no-ip.org

 

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IMG_2522Pascal, Christian

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IMG_2546a netIMG_2687Ils font Front
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Dépannage en altitude bisIMG_2647aIMG_2696rrIMG_2554IMG_2744

IMG_2751Vu Guido !!
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12 mai 2011

Retour au CA270

  Personnellement, c'est un retour  après un peu plus d'un an d'absence. La dernière fois remonte à un week-end de septembre 2009 ou de nouveaux visiteurs, Hans, Christine et Bernard, m'avaient rejoint pour une simple visite agrémentée tout de même d'une grosse séance photo. Un premier coup d’œil animé de curiosité mais si insuffisant qu'il laisse au visiteur un sentiment de navrante ignorance. Pour peu qu'en soirée se lève un vent gorgé de récits épiques venus de loin dans les profondeurs, voilà notre nouvelle recrue basculant dans un cycle d'aller et retour à l'issue indéterminée. Je me souviens de Hans disant: avant de descendre: « Je ne fais jamais deux fois le même gouffre!!! " .
    Il en va ainsi d'un camp d'exploration quel qu’il soit, aux ruptures frustrantes teintées d'impatiente que seul l'annonce d'une date prochaine apaise, succèdent des retrouvailles enthousiastes.

    Dans les Arbailles, la Toussaint est certainement la plus belle des saisons, les collines environnantes s'empourprent chaque jour d'avantage, faisant vivre tout autour un tableau chaleureux.. Fenêtres et portes du gîte sont grandes ouvertes à nos divagations, laissant pénétrer la douceur du jour jusque dans les chambres d'habitude  glaciales. Les bruits cavalent dans les courant d'air attestant de l'agitation ambiante. Les couvercles des malles ou nous stockons le matériel, grincent à leur ouverture, les cordes lovées claquent au sol en jouant les coquettes sur leur age, suivies par des bougres de mousquetons braillards condamnés à être enchaînés entre eux, seules les batteries chargent en silence non sans avoir au préalable annexé toutes les prises disponibles.

001_entr_e_Bexanka

  Chaque chose et chacun trouve sa place dans cette gravitation autour du vide, un vide attractif qui tel un trou noir absorbe toute notre attention. A l’intérieur, elle s'ancre à de nombreux points d'interrogations dont nous nourrissons avec ferveur la valeur frontalière entre le connu et l'imaginable. Nous ne partons jamais vraiment, nous entretenons l'excuse acceptable de notre indispensable migration.
002_Blocs_Arbailles

  Depuis 1993 La trame reprend régulièrement, un point topo à l'endroit, un point d'interrogation à l'envers, et à chaque camps un nouveau chapitre s’astreint à vêtir le vide grandissant.
Thierry un revenant, hanté par les hauteurs de la Roume, tente tous les matins d’enrôler quelques nouveaux venus dans l'ascension énigmatique de l'effrayante cascade, la conversion est houleuse par beau temps. Là est le paradoxe. La Roume, un grand point d 'interrogation qui surprend à la sortie d 'une lucarne par la vertigineuse perspective d'une cascade haute en gueule de 80m de haut et qui en période de crue vous vomie à la figure d'épouvantables embruns, tout ceci sur un fond de méandre impalpable dont on ne sait s'il faut y descendre ou bien y monter. Je vous rassure, Thierry est revenu en janvier avec quelques preux pour déplacer le point d'interrogation de la lucarne au sommet de la cascade, clôturant sont aventure par un sms : «  méandre, arrêt sur rien ». Ce rien dont  nous ne sortons pas.
La rivières des tubes s'est allongée elle aussi, attirant davantage les derniers arrivés.
 Le CA270 est un vide convertie en un état d'âme qui flotte dans nos pensées quelque soit l'endroit ou nous nous trouvons, comme une île connue de nous seul ou l'élaboration d'une carte constitue à elle seule un trésor.

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  Je me souviens précisément de ma première visite il y a 15 ans, il en va de même pour chacun d'entre nous. Le début d'un camp d'exploration se conçoit comme une pierre, précieuse, ou l'on édifie les connaissances d'un lieu, motivé par le sentiment complexe d'une joyeuse séquestration volontaire.
Il y a de l'ivresse à courir dans les galeries, à sentir couler aux bouts des doigts sous la pointe des pieds, la mémoire assoupie de la moindre prise, de l'angle d'un bloc stable accompagnés par les cliquetis réguliers des mousquetons qui s'entrechoquent.
Les nouveaux venus tout haletant à qui l'on fait grâce d'une pose, s'étonnent de cette audace apparente. S'ils s'en accordent le temps eux aussi, ils apprendront à virer de bord avec aisance dans ce dédale obscure et grandiose.

001_GFaille_oct_2010

  A leur tour ils affecterons une démarche nonchalante en foulant le pré hirsute d'un vert toujours éclatant qui environne l'entrée. Une buse banale fichée comme un gros spit à la surface du monde éclairée, d’où s'échappe ou s'engouffre c'est selon, un courant d'air terrifié. Puis s'accroupir avec prudence, s’asseoir les jambes pendantes dans le puits, et laisser le regard parcourir le temps d'un inventaire la frontière en cercle pour lever le doute et se laisser glisser le long de la corde. La paroi défile, les tons chauds de la lumière extérieure cèdent la place à l'éclairage plus dur des casques et dans l'obscurité qui grandit tout autour émergent des pans rocheux ou, instinctivement l'attention s'agrippe en quête de possibles départs à d'éphémères aventures. A l'atterrissage, les bottes dérapent sur le sol entraînées par la fuite de quelques cailloux au stock inépuisable.
Il est temps enfin de lâcher le lien pour gueuler ce paradoxe : «  Liiiiiiiibre !!! »
Oui, libre de courir vers des lieux qui n'existent pas encore et prendre le risque qu'ils existent.

  En grandissant et en écrivant à chaque fois son histoire le CA270 s'est humanisé, juste retour de cette interaction entre nous et ce paysage. Nous lui prêtons  états d'âmes et volonté. Alors, à ce vieil ami qui nous regarde vieillir sans jamais prendre une ride, si ce n'est parfois un ou deux blocs suspects , nous avons il y a longtemps donné un nom, un vrai. Celui d'une proche parente, une discrète fontaine qui clapote sur le bord du chemin au dessus de l'entrée.

En revanche nous n'imaginions pas qu'un jour, on ne retiendrait que son nom sur une liste, pour mieux nous ignorer... drôle de mémoire …

... NEBELE …

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 2011 souffle les 20 ANS de camps du Collectif Nebele.
A l'occasion du camps de la Toussaint prochaine, nous fêterons cet Anniversaire, donc si vous nous avez rejoint occasionnelment durant ces 20 années, nous serions enchantés que vous veniez ripailler, papoter, gratter, etc, à nouveau en notre compagnie.
En 20 ans vous imaginez, nous n'avons pas actualiser tous les emails de chacun.
Bref!! Si ça vous dit, alors contactez möi !!!

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Merci encore et à bientôt ;)
 

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30 mars 2010

Ardengost ou le Charentais

  Au départ, c'est à cause de Pierre toute cette histoire. Le fameux Pierre, celui la même qui tous les jeudis nous plante le nez face à un porche qui la plupart du temps se franchit à quatre pattes et duquel on peut espérer parcourir le plus souvent, une dizaine de mètres à l'intérieur. Quand le casque cogne, que les narines identifient concrètement la granularité du sol, que l'œil se tord à en  sortir de son orbite pour discerner la perspective d'un vague élargissement d'où émerge un étron frais de blaireau, c'est donc dans ces circonstances on ne peut plus enthousiasmantes que Pierre déploie le fruit de son inspiration. Il irrigue nos esprits désabusés d'un flot d'hypothèses optimistes, faisant pousser les galeries et croître les salles ou l'on tient debout, soutenues par une argumentation qui tient compte de l'inclinaison et la nature des remplissages, des failles environnantes ( nous on regardait ailleurs) et des dernières nouvelles du bigbang. L'arrogant étron frais de blaireau n'en a plus pour longtemps.

    Pour en revenir à notre histoire, il y a de cela un nombre d'années, Pierre et ses copains étaient de fringants et téméraires explorateurs qui piaffaient d'impatience d'en découdre avec de vastes et lointains gouffres, en l'occurrence dans les Hautes Pyrénées sur Ardengost. Faute de crédit photographique précis, je m'en tiendrai à imaginer que, après de périlleuses heures de prospection Pierre avisa un porche prometteur, qui se franchissait à quatre pattes et derrière lequel se développait une galerie basse d'une dizaine de mètres butant sur un éboulis. Je ne doute pas un seul instant du talent de Pierre (si bien nommé), le potentiel du massif était là, les galeries s'ouvraient et les puits dégringolaient dans de vastes salles. A s'y pencher, le vertige les aurait pris. Hélas, la désobstruction était loin et l'éboulis tenace.

002_Charentais_Vauvilliers

Les charentais s'en retournèrent vers des contrées moins éloignées (quoique...), laissant le petit porche à ses rêves de grandeurs. La fée Carabosse fit elle aussi ses valoches semant derrière elle dans le ravin, un étais tapis de ronces et le discret petit site fut dévoré par le paysage. A la faveur d'un oubli pesant, l'éboulis comme les derniers grains d'un sablier se laissa glisser dans l'obscurité.

  Ce sort connu une fin et là ou un spéléo passe, un jour ou l'autre, un autre lui emboite le pas.
33 ans plus tard, Yves après des heures de périlleuses prospection, n'y croyant peut être plus, s'accroupit et avisa un petit porche prometteur... ( et pas un pet de courant d'air en plus )

001_Charentais_S_koya

    En suivant une trajectoire qui partait de Charente pour aboutir en Ariège dans mon micro véhicule spatiotemporel avec dans mon sac les dernières aventures de Pierre, je rencontrais au Bentaillou Pascal et Bernard. Tous deux amis de Yves et de son équipe, franchissent régulièrement et toujours à quatre pattes le petit porche, parcourent la galerie basse, dégringolent les puits, traversent un pont de singe preuve de la modernité des lieux et débouchent dans de vastes salles aux parois hérissées par endroits d'une étrange floraison minérale.

Le  Gouffre développe aujourd'hui à peu prêt 9km.
Je rapportais de leur part à Pierre de belles photos, des images dignes  de ses espérances et au delà …

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photo de B Lafage
  La nuit du 1er de l'An, après un échange épistolaire surréaliste avec Yves et Pascal, ou le lac de Grimaldi a atteint une température de 25°, et ma plume témoignait peut être des 12° d'un excellent Bergerac, nous avons convenu de nous retrouver le 23 janvier de l'année naissante.

  L'accueil à Lomné est à la hauteur des écrits, chaleureux, coloré et agrémenté de quelques degrés en plus pour palier l'inefficacité de la cheminée. Après une courte nuit, tout  trois avec Dominique et Bernard, nous retrouvons le petit porche, et tout ce qui s'ensuit jusqu'à la salle Vauvilliers ( il est là ) pour nous planter au pied du Sekoya, l'escalade de Bernard, une parfaite cheminée de 100m. Je les laisse disparaître dans les hauteurs, ils ne mettront d'ailleurs pas longtemps pour déséquiper le puits, penduler dans son voisin de 70m malheureusement bouché au fond. A  proximité s'offre déjà à la vue le spectacle de ces concrétions  uniques et particulières. Leur envergure me paraît plus importante que je ne l'avais imaginais, sur les parois se déploient des bouquets tentaculaires entrelacés de formes rondes à l'aspect et la couleur comparable à un sorbet au citron, mais la fraîcheur du lieu n'incite pas à la dégustation, 7° ça baisse. 

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Photo de P Chabbert

Nous ne trainons pas pour ressortir, nous devons être  présentables pour la soirée. Durant l'après midi, Jean-Pierre et Yves se sont attelés à l'installation d'un diaporama conférence qui a lieu le soir à Sarancolin, Les spectateurs étaient nombreux pour assister à cette visite confortable du Charentais, rondement menée par nos hôtes, uniques eux aussi ;)

Pour poursuivre, le lien du Charentais qui est d'ailleurs aussi dans la colonne de droite CLIC !
NB: ce qui serait bien maintenant c'est de faire rentrer Pierre dans le coffre du micro véhicule spatiotemporel mais avec le temps le poids de l'expérience à fait son oeuvre. Ahhhh!!!

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photo de P Chabbert      

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photo de B Lafage    

@+ ;)                          

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09 mars 2010

Aven Noir

  Philippe a connu Roland il y de cela quelques années, à l'époque la fameuse partie du réseau de l'Aven Noir demeurait un monde encore inconnu. Ils se sont côtoyés aux temps des camps, des stages et des bonnes rigolades et que sais-je encore. Roland depuis a traqué ce courant d'air en se hissant dans les plafonds, remontant les dômes, les coulées jusqu'à un étroit passage vertical ou souffle un courant d'air ébouriffant, aujourd'hui obturé par une porte et des câbles cadenassés. Derrière l'obstacle, il reste à ce tracter encore une vingtaines de mètres pour prendre pied dans une vaste et longue galerie.
Philippe a mis deux ans à programmer cette visite, convenir d'une date avec le gardien des lieux et rassembler un club éparpillé comme le notre n'est pas une chose aisée. Le 14 novembre nous sommes sept pour cette échappée esthétique dans le Tarn.

  Nous arrivons de bonne heure au parking car la sortie devrait être longue. Nous retrouvons Roland qui est en compagnie d'une jeune femme, Aurélie. Nous dévalons la forêt jusqu'à croiser un large parvis gris ou nous nous permettons le luxe de traverser tranquillement le ruisseau asséché, contournant  sans empressement les gros galets devenus inoffensifs. Un cours répit, aussitôt après on enchaine une belle grimpette jusqu'au Puits si souvent photographié ou de curieux choucas à bec rouge s'agacent de notre venue.

  Accéder au célèbre réseau nous a pris un temps certain, Roland re-équipe tous les passages et le troupeau que nous sommes a parfois de la lenteur à saisir le sens de la manœuvre. Quand nous débouchons dans le vestibule, accueillis par un tapis de sapins d'argile, nous avons la sensation que la visite commence à peine. Quelques pas plus loin, un large et au haut volume s'ouvre face à nous et se perd au delà du phare dans l'obscurité. Les regards s'élèvent vers les plafonds aux teintes chaleureuses ou d'immenses banquettes découpent dans l'espace des formes fantastiques.

012_Aven_Noir

  Roland nous précède suivi de près par Philippe et Thierry. Les autres, nous nous éparpillons tant bien que mal dans le sillon, guettant la carte postale, les immenses coulées ocres, rouge et blanches, le trésor minuscule, la formation calcaire extraordinaire, etc...éclairant au hasard parfois ce que nous nous doutons de devoir voir. De temps en temps une halte du wagon de tête nous permet de nous reconstituer pour un bref instant.

  Le réseau est immense et même si notre déambulation a duré douze heures, nous n'avons vu qu'une infime partie des splendeurs qui ornent les lieux, nombreux sont les passages aperçus et laissés derrière nous comme autant de parcours interrompus. Un cheminement à pas comptés ou le regard distingue les détails comme les pièces d'un puzzle pour reconstituer l'image d'un vaste paysage tout en retenant quelques impatiences dans les jambes.
  Je n'ai pas pu profité d'un répit pour croquer comme je l'aurai souhaité, juste quelques coup de crayons tracés au départ de la galerie pendant que nous attendions le rassemblement au complet de l'équipe avant de regagner la surface.
  Voilà !!! ;) 

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22 janvier 2010

344 jours

Ils restent 344 jours pour en réaliser un maximum.
Il n'est donc pas trop tard pour vous souhaiter de l'humour, du merveilleux , de bons moments avec de bons copains dans toutes vos futures péripéties !!

02_carte_de_Voeux_2010_GF

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