calcaire et crayon

Le blog qui croustille sous la dent: spéléologie , illustrations images croquis

23 octobre 2009

J-1

Demain, à la même heure nous serons 37 participants à faire trempette dans la rivière de Padirac.
Cette Expée sonne les 120 ans d'exploration du Gouffre.

N'allez pas voir dans ce billet, une marque de fébrilité à l'approche de la date fatidique, bien que ... Mais plutôt une note d'humour. Comme beaucoup à la réception de la revue télé, après avoir parcouru et constaté les sempiternelles rediffusions à venir, qui font que ce qui était l'apanage de l'été se poursuit à présent toute l'année, certainement une conséquence des modifications climatiques, il ne nous reste plus alors ,avant de refermer la revue qu'à s'enquérir de notre sort dans les colonnes de l'horoscope. Pour le coup, j'ai retenu le mien pour la semaine qui vient, et je vous laisse en apprécier le contenu en sachant que nous serons donc au Bivouac 5000 ...

Horoscope
A bientôt !

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02 août 2009

Périple de Juillet

  Dans quelle étagère ?!!

  Aux dernières nouvelles, le 24 juillet nous descendions à Viazac sous l'initiative de Hans qui équipait le gouffre, talonnées par deux kits bleus, Christine et moi même. Une sortie pour le plaisir de la visite mais qui présente un inconvénient, la difficulté de ménager une pose pour dessiner, opportunité que je n'ai pas réussi à saisir. C'est bien dommage car, aussi étonnant que cela puisse paraître je ne connais pas Viazac, l'incontournable classique, je sais... Les puits sont superbes et j'espère pouvoir parvenir à saisir une nouvelle occasion d'y retourner. Fait curieux, nous avons descendu le Puits de la Boue escortés par des nuées de mouches épouvantables jusqu'au lac, le terme de notre incursion. C'était l'unique endroit ou j'aurais pu grattouiller mais l'agacement était tel que j'y ai renoncé. J'ai d'ailleurs amèrement regretter ( BEURKK!!! C'est pas bon !!!) d'avoir proposé de déséquiper ce puits. Les sales bestioles se faufilaient derrière les lunettes, gambadaient sur les lèvres et il n'était pas envisageable de les chasser avec les gants crépis de boue, au risque de ne plus rien y voir. Au dessus, me parvenait le bruit des raclement de gorge et de forte toux des deux équipiers, signes qu'ils venaient de gober quelques protéines volantes. Je le déduisais par expérience, après en avoir recraché plusieurs, certaines plus audacieuses ont, à mon grand regret, tenté l'explo au delà de l'aluette. Satanée situation, je crois que l'un des nom du diable est " le Maître des mouches", le bougre devait ricané dans l'obscurité, juché sur un bombé. Par contre, les mouches craignent les ponts-de-singes car le phénomène cessait à cet endroit précis.
  Dans la nuit, Subaba ( en plein phares Ö) et Blaireau nous ont rejoint pour la trempette du lendemain à la rivière de Lacarrière. Le contraste entre les volumes de la veille et les puits de Lacarrière est saisissant au sens propre, une étroite intimité s'instaure avec les parois qui nous cramponnent à chaque tentatives d'évasion. J'ai rebroussé chemin un peu plus tôt pour me poser avec mon carnet (ne rien ramener me désespère à dire vrai) et, brosser le détail d'un plancher stalagmitique.

011_Larchet_planchet

Cette formation apparait régulièrement dans l'affluent, de formes torturées, elle présente la texture d'un bois clair nervuré très esthétique. Beaucoup d'endroits mériteraient de s'y attarder, une prochaine fois là encore...
Nous sommes ressortis assez tôt ( le Sub avait un train à prendre), ravis de nos deux sorties passés ensemble et pas vraiment pressés de repartir.
  Quelques temps au par avant, j'ai campé une dizaine de jours à Miers pour croquer encore de vieilles pierres, mais taillées et empilées celles-ci.
010_Miers_rue

  Miers pour rester dans le sujet, c'est la grotte de "Magic Boy" (Spélunca n°113), très chouette elle aussi et , surprenante par un laborieux équipement de barreaux en parois qui courent jusqu'à la rivière... Après, ils coulent...


  Entre les deux, une pose musicale en Périgord, question de terre-oire, une digrétion culturelle de qualité, engagée par Blaireau et Brigitte pour partager le confort de bottes de pailles au concert de Nadau à Pezuls.

Nadau_Jean

Juste le temps de saisir le chanteur Yan et la nuit est venue recouvrir le public.

  Ce périple avait commencé le 4 juillet dans le Lot ou à 3 "Coujoux" avec Subaba et Romain, nous avons répondu à l'aimable invitation de Jérome à participer à leur exercice secours, qui se déroulait à Roc de Cor. Une entrée comme un sourire caché dans un paysage spectaculaire qui doit l'être encore plus en hiver car en ce moment la végétation masque les parois. Nous avons été saupoudré sur différentes équipes, et ce genre d'évènement est toujours instructif et appréciable, sans compter le plaisir de côtoyer nos voisins ;)

Le reportage photos de Jean-François Fabriol:

P1120219

  Le mois d'août, j'espère effeuiller mes carnets au Bentaillou avec Nadine,  par des croquis d'ambiance de camp.

  A bientôt et merci :)

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30 avril 2009

Padirac, nocturne de 8 jours

  Un coup d'œil dans le rétroviseur, le brouillard gobe la voiture de Tony pour la recracher aussitôt, les phares éberlués.
Il est 7h30 du matin, le 4 avril, l'heure du rendez-vous.

C'est un jour boudeur, opaque, avare de détails, faisant de chaque courbe un mystère, épaississant le flou qui encadre le voyage que nous entreprenons. Cramponnés au nuage, nous roulons.

Voilà ! Nous y sommes ! Ils n'attendent plus que nous.

Comme dans une estampe asiatique, au dessus du rond-point, un parking perché, encerclé de volutes supporte le petit groupe de participants, 17 en tout.

Je n'ai pas pris le temps de chercher dans le ciel, le dragon qui a toussé ce décor. Peut-être à notre approche s'est-il enfui au fond d'une galerie ou tapie dans l'obscurité, il patientera ?

  Jef et Bob, orchestrent la manœuvre, nous bousculant gentiment. Les esprits flottent déjà, chahutés par des doutes divers, l'apparence des gestes et des choses est à l'éparpillement. Les kits tombent des coffres, certains déjà prêts, d'autres se remplissent à la limite de l'étouffement, les canots gonflent, dégonflent. Les équipiers se scrutent, s'identifient, s'équipent, se rassemblent dans le claquement des pagaies et se dirigent d'un pas décidé vers cette certitude, l'entrée de Padirac.

Halte là ! Le rituel n'est pas complet, on escamote notre objectif et un groupe de touristes en profite pour nous doubler. Devant les escaliers, notre précieux matériel se transforme en colline derrière laquelle on se coltine. Tassez-vous dans le viseur ! Bord droit, bord gauche ! Clic! Clac ! Tout le monde est dans la boîte ! Allez, encore une , on ne sait jamais !

Voilà ! Nous y sommes !

  Dans les ascenseurs, compactés, dans les barques, bien rangés, le long des passerelles s'esquiver, un sourire aux lèvres au passages du guide et attendre qu'il s'éloigne pour faire racler le canot sur le béton, et se faire surprendre aussitôt par son successeur. A ce stade là, c'est ici ou l'apprenti Padiraquois  se padiraquise.

Le port est en vue et, même si le doute sur ce premier embarquement demeure, il ne souffre d'aucune hésitation. Un véritable lâché de spéléos s'égraine sur le lac d'eau vert émeraude encore éclairé par les projecteurs.

005_Padirac_Gours_Suspendus

  Quelque soit notre expérience souterraine, Padirac est unique, inconsciemment on s'incline devant sa Majesté, recevant ses faveurs comme des privilèges. Elle charrie nos repères, exige des efforts et nous trouble soudain. Au détour d'un méandre, la voûte s'élève, l'espace s'obscurcit, l'eau d'un vert profond nous environne offrant un calme étrange, laissant apparaître dans les profondeurs, l'image vacillante de joyaux inaccessibles. Vous savez quoi ! C'est fichtrement beau ! Beau à vous coller le bourdon quand il s'agit de taper son compte-rendu , Scrogneugneu !!!

Pis.... jamais ennuyeuse avec ça ! Elle s'y entend en activité, constante dans la variété et la fréquence des obstacles. Dans ces moments précis, les groupes musculaires tendent à la mutinerie envers la tyrannie de l'estomac, ce notable pompeux qui a imposé son lourd programme de surface, tout en invoquant le bien être du petit peuple laborieux. On n'en a plein le dos ! Le peuple aura ta peau !

Ouf ! une tyrolienne !
Curieux, notre conception des kits futurs se modifie en de pieux projets de gestion durable.

001_Padirac_G_des_Jurassiens

  Notre équipe a débuté avec la visite des affluents Viré et des 3 Topos. Une excellente initiative, à retenir pour consacrer du temps à cette première partie de la cavité. Ce choix nous maintient durant trois jours, dans un état de curiosité tendue envers ce que nous réserve la suite du parcours, mais notre petit comité ne manquait pas d'humour. Qu'on le veuille ou non, le bivouac 5000 est une ponctuation importante de ce voyage, nous y parvenons au terme de deux bivouacs successifs.

003_Padirac_bivouac_5000

  Voilà ! Nous y sommes !

Et nous y sommes même très bien, à partir de là cette nuit de 8 jours a défilé trop vite...

De ce cœur fossile chaleureux nous rayonnons chaque jours vers les artères vibrantes de la rivière, pressés de retenir  les images de ces lieux fabuleux et renommés.

002_Padirac_G_des_Jurassiens

  De nouvelles habitudes ont pris place, enfiler la peau de limace (la sous-combine trempée de la veille) quotidienne devient vite une métamorphose ordinaire. L'ambiance est joyeuse, nous nous partageons et nous régalons chaque soir des excès qui pesaient lourdement sur nos épaules et qui à présent, s'étalent sur les tables de pierre et s'offrent en bric-à-brac à la dégustation (les Chocolats  des Suisses, le Pastis des Vendéens, le pain d'épice de Jef, le Calva à 75° d'Yvon, le pinard de Tony ...), ou à la simple curiosité (crêpes au pâté de Tony et les algues de Nadine).

  Notre troupe d'artistes a fait relâche mercredi, laissant brûler de petites bougies qui éclairaient les différentes scènes au cours de la journée. Installée avec les Vendéens, nous rejouons du Pagnol, pas besoin de jeux de cartes, la posture suffit. Les autres protagonistes entreprennent du Faydeau, fuyant dans la coulisse de droite ou de gauche au gré des actes. Nos helvètes mémorables, riches en vitamines, grimpes dans les cintres rythmant leur chorégraphie au marteau à spitter et en hurlant des: --- Ho ! Gary !!!! --- Eh ! Cédric !!!

L'équipe de tournage de Jeff et Bob, photographes acharnés, traverse fermement l'espace à la recherche de nouveaux décors, suivis de leurs figurants et assistants éclairagistes. Nous jouons une pièce sans fin, le soir seulement s'ajoutent de nouveaux actes, écrits à la faveur des improvisations.

004_Padirac_bivouac_5000

  Quitter la scène est difficile.

Au fur et à mesure que nous progressons vers la sortie, ce n'est plus ce que nous devons atteindre qui nous préoccupe mais la distance qui nous sépare de ce que l'on quitte. Nous nous avérons plus efficaces et plus rapides, mais au regret d'avoir douté de nous, nous privant du plaisir de quelques heures d'errance en plus. La stupeur nous saisie quand au loin se découpe la carte postale touristique de Padirac éclairée. Le museau bas on se replie volontiers vers la corvée de nettoyage qui nous sauve pour une heure encore, de la résurrection. Il y a comme une confusion à prétendre revenir de Padirac, je l'avoue, j'ai la sensation d'être toujours un peu là bas. C'est elle, la Rivière qui a fait son chemin et ainsi a agrandi son domaine, un joli sentiment de hantise réciproque et le souhait de le renouveler.

  Et le dragon, vous l'avez vu ?

Mais si, c'était un dragon blanc,vous vous souvenez, il crachait des flash, "frouppe" du matin au soir !

En tout cas une chose est sûr, lui, il nous a vu !

  Venez voir ! Là, c'est beau !!! C'est le clic pour rentrer dans l'album de Jeff clic !

   Et par ici vous pouvez poursuivre l'aventure avec le cliiiic Suuiiiisssse de Cédric et Gary qui montent, qui montent ...

photo_de_groupe
 
     Expé Padirac du 4 au 11 avril 2009
                           Yvon Glenn Fred.A
Laguernouille Seb Youen Lionel Fred.B Doudou Tony
            Cat  Bob Nadine          Gary
                               Jeff Cédric  Jean-Marie

Sur Papier, fichier PDF :
 PADIRAC__LOT_46_CR_Tony
CR_Padirac_Cat

rassemblement09_soft

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29 mars 2009

Le Lot

  Le soir de Noël, la voiture chargée de matériel, nous gagnons le paysage du Lot qui, au petit matin se dévoile sous un manteau neigeux digne d'une carte de vœux. Faire les courses s'avère être une épopée qui nous prendra plusieurs heures et, nous craignons que les copains hésitent à nous rejoindre. Finalement ils arrivent de bonne heure pour s'épargner les difficultés dues au verglas dans la nuit.

  Le programme est en deux parties, d'un côté une désobe pour Mathieu et Gilles. Ils s'attaquent à un puits sournois, boueux, étroit, ne tolérant qu'un comité trié sur l'épaisseur de la tranche et qui devrait les occuper pour la semaine, bénéficiant parfois d'un soutien moral en surface.
Le reste du groupe, pas frustré pour autant, se contente de réaliser des sorties dans un rayon ajusté par les aléas de la météo.

  Alain et Julien présents pour le week-end débutent la progression sur corde et, sans trop réfléchir nous proposons d'aller à la classique de rigueur: la Crouzate.
  Nous nous entassons dans la bétaillère de Willy qui lache dans l'espace quelques mots traduisant ses inquiétudes concernant des facteurs d'inclinaison, de courbes, de nuances de la neige, de freinage... Tout un tas de considérations qui se perdent dans une indifférence générale, car ce n'est pas moins de trois GPS qui viennent de se géolocaliser, imposant leur dictature technologique au faible doute humain. Je rappelle que nous nous rendons à la Crouzate dont la plupart d'entre nous connaisse le chemin par coeur... Durant toute la semaine, le chauffeur subira une hiérarchie robotisée pour le plaisir de réaliser des tests comparatifs.
  Picsou s'occupe de l'équipement, ses grandes jambes comme un compas lui donne l'air de mesurer les lieux avec précision, il prend les fractios de haut, les nœuds s'enchainent, les mousquetons claquent sèchement jusqu'au détail qui attire mon attention. Il porte plusieurs paires de gants. De gros gants en caoutchouc qu'il retire pour ajuster les nœuds, laissant apparaitre dessous d'autres, plus fins, gris et blanc, ce qui confère à ses geste la dignité d' un major d'homme.
-- La vire de ces Messieurs Dames est en place !
    S'ils veulent bien se donner la peine ?!

001_La_Crousate

  Philippe n'échappe pourtant pas au "spit de la tergiversation" ou je me suis installée par anticipation. Sur le bombé de la coulée, il entame un menuet espérant trouver mieux sur les parois alentours pour, au final se rendre à l'évidence de ce malheureux spit, systématiquement recalé durant les dix premières minutes de l'équipement du puits.

  Le lendemain, Picsou regagne ses quartiers et nous poursuivons notre périple éducatif à l'Igue de Bar. Aucun d'entre nous ne connait cette cavité si ce n'est ,que le souvenir de belles photos de gours est parvenu à nous convaincre. Marc descend lourdement lesté par du matériel vidéo, une sorte de gros saladier émerge de son kit qu'il manœuvre avec précaution. Il nous éclaire les lieux avec une lumière proche de celle du soleil. Voilà un des avantage que comporte la compagnie des vidéastes et photographes, sans compter qu'un brin d'esthétisme suffit parfois à les occuper longuement.

002_Igue_de_Bar

  Après avoir joué l'astre solaire autour d'une coulée, ils l'abandonnent dans un crépuscule pour découvrir un peu tard la galerie des gours. Nous décidons de revenir un autre jour pour poursuivre la mise en boîte.

003_Igue_de_Bar

  Sub et Sylvain délaissent durant une journée les festivités familiales pour nous rejoindre à l'Igue de l'Angélie. L'entrée est assez curieuse, une dalle de pierre moussue en recouvre la majeur partie. Sa situation géographique, proche de la désobe des deux Zigs sert de prétexte à sa visite, et revendiquer une forme d'intérêt et de participation à leur effort. Quoique, des fois il  vaut mieux ne pas trop se pencher ... Le doute pourrait surgir de l'ombre. Tout allait bien jusqu'à atteindre la lucarne du dernier puits de 35m. Au dessus du fractio s'est imprimée une belle tache sombre de charbonnage de l'acétylène, message qui annonce le souci qui nous attend à peine quelques mètres plus bas. Le plaisir de descendre un joli volume est supplanté par celui d'y étouffer, la galerie est gavée de CO2. L'équipe au complet est fichée au sol, économe de geste et cherchant l'air et la motivation. Monique et Marc décident de regagner la surface. Nous, nous entêtons à poursuivre, le moindre talus d'argile nous demande un effort. Le Sub équipe un ressaut que nous dégringolons en songeant déjà qu'il se fera mériter au retour, ce qui sera le cas. Willy et moi, accuserons avec ironie l'équipement.

004_Igue_de_l_Ang_lie

Dans une telle atmosphère, on a surtout l'impression d'essayer de faire quelque chose plutôt que d'y parvenir. Sub et Sylvain ont essayé d'aller plus loin, Willy a essayé de faire des photos, j'ai essayé de faire un croquis et, nous avons enfin récupéré au sommet du dernier puits, une bouffée d'oxygène !!

( En général je me contente d'indiquer les zones de noir et de gris pour les finir plus tard, mais là les deux gars motivés c'est de la frime, je les ai rajouté après pour l'échelle ;)

A suivre

 

 

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