10 décembre 2009
Padirac, des images qui bougent
Je vous ressers une goutte de Padirac ??!!
Je viens de poster une vidéo sur la Plongée à l'affluent Sylvain Pezet dont voici le lien:
clic!clic!........clic!clic !!!!!........ cLIC!!! Là!! Gros CLIC!!
Des reporters (Sam et Greg pour France3) au même moment, filmaient une autre plongée dans la cavité. Laurent revient faire la topo de cet affluent qu'il avait plongé lors d'une précédente Expé.
On dit qu'"un dessin vaut mieux qu'un long discours", c'est fait ! Une vidéo, ce n'est pas mal non plus ... Réalisée avec mon p'tit appareil photo, selon un principe du laisser faire et j'fais ce que je peux, je vous invite à suivre une sombre aventure, un détail parmi les nombreux objectifs de ce bivouac de 8 jours.
J'ai hésité à flouter le casque de Romain qui est, vous verrez, très sponsorisé ;)
Je suis déçue, je n'ai pas réussi à afficher directement la vidéo, dans leur liste de Blogs sur Dailymotion, Canalblog n'existe pas.
Si un jour, je trouve la bonne manippe, je ferai la modification...
A bientôt ;)
07 décembre 2009
Padirac, 120 et sans eau
Expée Padirac du 24 au 31 Octobre 2009
La nuit s'est enfuie abandonnant dans le paysage des dentelles de brume effilochées qui tardent à céder la place à la lumière du jour. Sans se soucier de ce constat des lieux atmosphérique, la presque quarantaine de convives s'active aux préparatifs d'un tout autre évènement. L'anniversaire des 120 ans d'exploration d'une nuit éternelle, à qui aucun rayon de soleil ne viendra jamais chercher querelle. Les nombreuses équipes s'étalent en perspective sur le fond gris du goudron qui s'égaye peu à peu d'une dominante rouge ponctuée de jaune. De l'ensemble se dégage une organisation méthodique rien ne traine, ni le temps, ni le matériel ordonné au bas des coffres, promptement chacun endosse son costume et l'attirail cliquetant. La plupart ont déjà parcouru une ou plusieurs fois la rivière, et ceux pour qui ce paysage est une première, gardent leur doute et se fondent dans l'élan contagieux.
L'apparente détermination s'interrompt brusquement aux pieds des marches. Un sortilège envahie l'espace, la rigueur cède à la dissipation et les kits et canots sont jetés en pagaille. C'est un troupeau bavard qui se présente aux photographes chargés d'immortaliser l'équipe, un réflexe récréatif avant que la pesanteur se rappelle à nos épaules. Sam à mes côté garde en main une énorme caméra, elle est là pour manifester leur détermination mais l'appareil étonne et ne suffit pas à camoufler l'inquiétude qui affleure . Il me rassure, c'est comme une cravate pour la photo. Lui et Greg (France 3) ont fait l'acquisition personnelle d'un modèle plus petit, l'idée me vient que leur motivation tiendra à l'endurance de l'objet car trois semaines auparavant ils n'envisageaient pas encore qu'ils seraient de cette obscure aventure.
Notre disparition annoncée de la surface de la terre pendant 8 jours, se mérite par un prologue tapageur au fur et à mesure de notre passage dans les ascenseurs, passerelles et barques, difficile de nous ignorer pour le guide qui doit se faufiler au milieu des canots. Martel approuve, cerné sur son piédestal tout comme les visiteurs qui pour l'occasion festive, nous accordent aujourd'hui une considération particulière. Nous abordons la plage de carte postale, lumineuse et dorée qui borde un lac vert au milieu duquel flotte une barque en laisse, symbole d'une aventure domestiquée. Les petits canots contournent avec arrogance le vestige échoué, non sans évoquer un sentiment de jubilation lorsqu'ils transgressent la corde qui traverse le lac, retenant l'artefact. Jeff emporte un de mes kit et me précède jusqu'à la rive. Mon attention se porte sur le canot qui émet ce claquement sec, typique en heurtant la surface de l'eau et, éveille les gestes propres à l'embarquement.
" Pas d'excès de confiance à l'embarquement! ", se plait à répéter Sylvain sur un ton professoral.

Jeff détourne mon attention vers l'œil de la toujours grosse caméra derrière laquelle ,Sam tente de se cacher encore un peu. Il espère un florilège d'impressions, féminines serait mieux, mais je n'ai en bouche qu'un fade commentaire. Mes pensées sont parties au delà, reconstituer en éclaireur les différents obstacles , préoccupations que nous devons tous partager j'imagine.
La navigation est animée, les bruits des canots et des kits retentissent au passage des gours,devant et derrière à courte distance. Les équipes se chevauchent sans pourtant atteindre l'effet auto-tamponneuse, du coin de l'œil on s'observe et un sourire compatissant s'esquisse quand un navigateur voit le fond de son canot échapper sous son poids. Déséquilibre à l'issue inexorable, suivie d'un pédalage forcené.

De notre équipe de 4 nous nous retrouvons 3, nous distançons Sylvain qui réapparait à la vire de Joly, ou je l'attends. Nous poursuivrons en binôme, apercevant la lumière de nos deux comparses qui nous guettent par intermittence.
A mi-parcours ce que nous redoutions, se confirme. Padirac se tait, plus de salive, pas même un postillon. L'eau comme un souffle s'est retirée de l'animal. La perspective de ce tapis beige qui se déroule devant nous, augure un portage fastidieux, bras-dessus, bras-dessous avec l'encombrant canot, mal arrimé sur les épaules déjà encombrées. Cette absence déroutante nous renvoie à nous même. Imaginez un instant l'ironie d'un navire sans eau. Là ou six mois auparavant, le courant et le bruit incessant nous bousculaient dociles et abrutis vers notre destination, se déploie à présent un espace haut, sombre, expectatif dont il faut extraire la motivation d'un point de fuite impalpable. Les circonstances nous matérialisent pesant, le matériel s'entrechoque rivalisant de rythmes. Le regard attaché à nos pas, fouille au sol l'épiderme bosselet et pour échapper à cette concentration, il s'aventure sur les parois ou s'écrit une phrase ininterrompue dont le récit évoque les vasques évaporées. Nous évaluons alors combien certains endroits sont profonds sans en tirer un réel sentiment d'optimisme. Il faut admettre que bon nombre d'obstacles disparaissent, comme le Tiroir ou le Bourdon, sous lequel nous passons sans même le voir. Par contre, ceux qui demeurent gagnent en hauteur et l'on comprend mieux pourquoi Bob la dernière fois, nous demandait de ne pas remonter les cordes qui trempaient dans l'eau. Sincèrement, ce périple serait un régal si il n'y avait pas cette corvée de portage, et chaque halte nous offre le plaisir de l'imaginer.
Notre équipe s'installe sur la plateforme des Gours Suspendus. Extraire ses petites affaires et enfiler des vêtements secs procurent une sensation de confort accrue ( dixit l'horoscope de la semaine ). Laurent a prévu de plonger à l'affluent S-Pezet tout proche de ce bivouac, et nous ne tardons pas à nous convaincre d'y rester deux nuits. Le fait que plusieurs équipes de plongée ont choisi d'éparpiller les bivouacs, facilitera la cohabitation au 5000. Le souci qui nous préoccupe tous, est la nécessité de constituer une réserve d'eau potable. De notre côté, nous débusquons une pisserole au pied de la Termitière, ou avec un peu de patience pour remplir un bidon, le problème est résolu. Sur le retour dans la galerie, nous apercevons Sam installé tel un romain à un banquet, prêt à céder à la tentation du confort des lieux, et confirmé dans ses intentions par nos dires sur la proximité d'un point d'eau, adjugé, nous avons des voisins.
Le lendemain nous allons au S-Pezet avec une halte historique pour le Petit ( Romain 21 ans, était parait-il sous l'effet Padirac ) à la Borne du Chien qui Pisse.
L'entrée de l'affluent s'orne d'une magnifique coulée formant un élégant chapiteau. L'aventure de la Sirène peut débuter, après tout , c'est l'objectif annoncé de l'équipe. Croyez-moi la "légendaire" à tout intérêt à faire trempette. Nous harcelons Laurent sur l'hypothèse que le siphon soit désamorcé et qu'il aurait ainsi trainé son maillot de bain et ses branchies pour rien. A ce stade nous sommes des spectateurs exigeants, nous voulons voir le batracien faire trois tours dans une vasque sans suite s'il le faut !

Heureusement nous atteignons le siphon, un peu plus loin que prévu et la métamorphose a lieu. La bestiole ressurgit 3h30 après sa disparition, ruisselante, loquace et parcourue d'un léger frisson. Le partage d'un café chaud nous retient attentifs au rapport subaquatique, topo, bouchon d'argile, escalade possible et une coquille St Jacques déposée au fond. Quelqu'un aurait-il diluer du Pastis dans le siphon ?!
Nous regagnons la quiétude des Gours Suspendus, ce serait presque une île perdue dans la cavité, si il n'y avait l'activité des 120 ans. A la place c'est un balcon donnant sur une artère passante ou comme des concierges nous surveillons les allées et venues des équipes. De très loin nous parvient le fracas des pas et des heurtes des kits, des sons graves qui se prolongent évoquant l' activité de géants. Puis de l'obscurité surgissent les phares et les coups de gueules qui les accompagnent. Nous croisons ainsi Florian et Yann, porteurs du reportage vidéo, ils amorcent en contrebas le virage à grande vitesse, dans le même temps ils nous proposent d'embarquer du matériel. Juste le temps d'accepter leur proposition en évoquant les kits de plongées déposés plus loin, que déjà leur conversation s'estompe suivie longtemps par le résonnement de leur progression. Efficaces les garçons, ils nous ont déposé notre matos au lac des Touristes, pas moins.
Enfin le 5000, le Petit est content ! (Disons en fait que Romain, le matin au réveil, nous balançait le faisceau de sa frontale dans les yeux pour voir si nous étions réveillés, et le soir nous n'avions pas le temps de compter jusqu'à trois qu'il dormait déjà.)

Quelle ambiance, que d'agitation , pas vraiment la crise du logement mais nous tergiversons quelque peu sur le choix définitif de notre emplacement. Aux tables de pierre, les services tournent et les banquettes d'argiles font salon. Nous retrouvons les rythmes propres à ce bivouac, les équipes qui déboulent le soir, les départs qui s'éternisent le matin, le ronronnement des gaz, les conversations, les projets du jour, les récits du soir ou les retardataires font l'attraction des convives selon l'état dans lequel ils se trouvent. Comme Le Petit Papa Joël avec son costume de feutrine rouge, ses bottes en caoutchouc noires bordées de poches plastiques blanches qui nous raconte le lisier qu'il a trouvé dans la galerie, un truc qui vous rend votre âme d'enfant. Jean-Michel qui revient de la pêche avec ses bigorneaux ou plutôt des Bitinelles , à éviter pour les presbytes et pas encore l'espèce qui permettrait de se faire un plateau de crustacés. Sam et Greg qui sont venus se faire des souvenirs et ramener des minutes de tournages, des plongeurs souriants qui ramènent des galeries pleines d'eau, etc ... Ici on vient chercher , on vient trouver, les deux en même temps parfois, mais on revient surtout .
Après toutes ces péripéties, on décide que c'est la nuit et on range tout dans le confort d'un sac de couchage en prenant soins de tirer les cordons qui encerclent le visage.
Les uns après les autres, les canots sombrent dans l'obscurité totale .

La pêche de Jeff clic !
Dans les hauteurs, un halo de lumière glisse à la surface des blocs qui nous surplombent. Un gardien de phare veille, dans ce monde à l'envers sur la plage au plafond balayées par des vagues de pierre à l'écume pétrifiée, il rêve les yeux ouverts aux images de Padirac pêchées dans la journée.

Le temps s'est écoulé, le flots de pensées à de nouveau parcouru la galerie principale , personnelles ou claironnée, pour finir par se diluer dans la lumière du jour ... Et dans le parfum des touristes ...
Pour poursuivre la lecture voici l'article publié par Eric sur son blog
Sam et Greg reporters
Samedi Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi

Subaba, moamême, Romain et Sylvain ( Photo de Max ;)
Houpsss !!! J'allais oublié, Romain pendant ses vacances nous a fait un beau dessin.
C'est courageux de sa part, il m'a emprunté mon carnet pour s'essayer au croquis, il y a même les topos.
A Padirac, il n'en a pas raté une miette, Jean-Marc lui a aussi enseigné les échecs avec un vieux jeu débusqué au bivouac mais le Petit après, tous les matins il remettait ça ;)
23 octobre 2009
J-1
Demain, à la même heure nous serons 37 participants à faire trempette dans la rivière de Padirac.
Cette Expée sonne les 120 ans d'exploration du Gouffre.
N'allez pas voir dans ce billet, une marque de fébrilité à l'approche de la date fatidique, bien que ... Mais plutôt une note d'humour. Comme beaucoup à la réception de la revue télé, après avoir parcouru et constaté les sempiternelles rediffusions à venir, qui font que ce qui était l'apanage de l'été se poursuit à présent toute l'année, certainement une conséquence des modifications climatiques, il ne nous reste plus alors ,avant de refermer la revue qu'à s'enquérir de notre sort dans les colonnes de l'horoscope. Pour le coup, j'ai retenu le mien pour la semaine qui vient, et je vous laisse en apprécier le contenu en sachant que nous serons donc au Bivouac 5000 ...
02 août 2009
Périple de Juillet
Dans quelle étagère ?!!
Aux dernières nouvelles, le 24 juillet nous descendions à Viazac sous l'initiative de Hans qui équipait le gouffre, talonnées par deux kits bleus, Christine et moi même. Une sortie pour le plaisir de la visite mais qui présente un inconvénient, la difficulté de ménager une pose pour dessiner, opportunité que je n'ai pas réussi à saisir. C'est bien dommage car, aussi étonnant que cela puisse paraître je ne connais pas Viazac, l'incontournable classique, je sais... Les puits sont superbes et j'espère pouvoir parvenir à saisir une nouvelle occasion d'y retourner. Fait curieux, nous avons descendu le Puits de la Boue escortés par des nuées de mouches épouvantables jusqu'au lac, le terme de notre incursion. C'était l'unique endroit ou j'aurais pu grattouiller mais l'agacement était tel que j'y ai renoncé. J'ai d'ailleurs amèrement regretter ( BEURKK!!! C'est pas bon !!!) d'avoir proposé de déséquiper ce puits. Les sales bestioles se faufilaient derrière les lunettes, gambadaient sur les lèvres et il n'était pas envisageable de les chasser avec les gants crépis de boue, au risque de ne plus rien y voir. Au dessus, me parvenait le bruit des raclement de gorge et de forte toux des deux équipiers, signes qu'ils venaient de gober quelques protéines volantes. Je le déduisais par expérience, après en avoir recraché plusieurs, certaines plus audacieuses ont, à mon grand regret, tenté l'explo au delà de l'aluette. Satanée situation, je crois que l'un des nom du diable est " le Maître des mouches", le bougre devait ricané dans l'obscurité, juché sur un bombé. Par contre, les mouches craignent les ponts-de-singes car le phénomène cessait à cet endroit précis.
Dans la nuit, Subaba ( en plein phares Ö) et Blaireau nous ont rejoint pour la trempette du lendemain à la rivière de Lacarrière. Le contraste entre les volumes de la veille et les puits de Lacarrière est saisissant au sens propre, une étroite intimité s'instaure avec les parois qui nous cramponnent à chaque tentatives d'évasion. J'ai rebroussé chemin un peu plus tôt pour me poser avec mon carnet (ne rien ramener me désespère à dire vrai) et, brosser le détail d'un plancher stalagmitique.
Cette formation apparait régulièrement dans l'affluent, de formes torturées, elle présente la texture d'un bois clair nervuré très esthétique. Beaucoup d'endroits mériteraient de s'y attarder, une prochaine fois là encore...
Nous sommes ressortis assez tôt ( le Sub avait un train à prendre), ravis de nos deux sorties passés ensemble et pas vraiment pressés de repartir.
Quelques temps au par avant, j'ai campé une dizaine de jours à Miers pour croquer encore de vieilles pierres, mais taillées et empilées celles-ci.
Miers pour rester dans le sujet, c'est la grotte de "Magic Boy" (Spélunca n°113), très chouette elle aussi et , surprenante par un laborieux équipement de barreaux en parois qui courent jusqu'à la rivière... Après, ils coulent...
Entre les deux, une pose musicale en Périgord, question de terre-oire, une digrétion culturelle de qualité, engagée par Blaireau et Brigitte pour partager le confort de bottes de pailles au concert de Nadau à Pezuls.
Juste le temps de saisir le chanteur Yan et la nuit est venue recouvrir le public.
Ce périple avait commencé le 4 juillet dans le Lot ou à 3 "Coujoux" avec Subaba et Romain, nous avons répondu à l'aimable invitation de Jérome à participer à leur exercice secours, qui se déroulait à Roc de Cor. Une entrée comme un sourire caché dans un paysage spectaculaire qui doit l'être encore plus en hiver car en ce moment la végétation masque les parois. Nous avons été saupoudré sur différentes équipes, et ce genre d'évènement est toujours instructif et appréciable, sans compter le plaisir de côtoyer nos voisins ;)
Le reportage photos de Jean-François Fabriol:
Le mois d'août, j'espère effeuiller mes carnets au Bentaillou avec Nadine, par des croquis d'ambiance de camp.
A bientôt et merci :)
30 avril 2009
Padirac, nocturne de 8 jours
Un coup d'œil dans le rétroviseur, le brouillard gobe la voiture de Tony pour la recracher aussitôt, les phares éberlués.
Il est 7h30 du matin, le 4 avril, l'heure du rendez-vous.
C'est un jour boudeur, opaque, avare de détails, faisant de chaque courbe un mystère, épaississant le flou qui encadre le voyage que nous entreprenons. Cramponnés au nuage, nous roulons.
Voilà ! Nous y sommes ! Ils n'attendent plus que nous.
Comme dans une estampe asiatique, au dessus du rond-point, un parking perché, encerclé de volutes supporte le petit groupe de participants, 17 en tout.
Je n'ai pas pris le temps de chercher dans le ciel, le dragon qui a toussé ce décor. Peut-être à notre approche s'est-il enfui au fond d'une galerie ou tapie dans l'obscurité, il patientera ?
Jef et Bob, orchestrent la manœuvre, nous bousculant gentiment. Les esprits flottent déjà, chahutés par des doutes divers, l'apparence des gestes et des choses est à l'éparpillement. Les kits tombent des coffres, certains déjà prêts, d'autres se remplissent à la limite de l'étouffement, les canots gonflent, dégonflent. Les équipiers se scrutent, s'identifient, s'équipent, se rassemblent dans le claquement des pagaies et se dirigent d'un pas décidé vers cette certitude, l'entrée de Padirac.
Halte là ! Le rituel n'est pas complet, on escamote notre objectif et un groupe de touristes en profite pour nous doubler. Devant les escaliers, notre précieux matériel se transforme en colline derrière laquelle on se coltine. Tassez-vous dans le viseur ! Bord droit, bord gauche ! Clic! Clac ! Tout le monde est dans la boîte ! Allez, encore une , on ne sait jamais !
Voilà ! Nous y sommes !
Dans les ascenseurs, compactés, dans les barques, bien rangés, le long des passerelles s'esquiver, un sourire aux lèvres au passages du guide et attendre qu'il s'éloigne pour faire racler le canot sur le béton, et se faire surprendre aussitôt par son successeur. A ce stade là, c'est ici ou l'apprenti Padiraquois se padiraquise.
Le port est en vue et, même si le doute sur ce premier embarquement demeure, il ne souffre d'aucune hésitation. Un véritable lâché de spéléos s'égraine sur le lac d'eau vert émeraude encore éclairé par les projecteurs.
Quelque soit notre expérience souterraine, Padirac est unique, inconsciemment on s'incline devant sa Majesté, recevant ses faveurs comme des privilèges. Elle charrie nos repères, exige des efforts et nous trouble soudain. Au détour d'un méandre, la voûte s'élève, l'espace s'obscurcit, l'eau d'un vert profond nous environne offrant un calme étrange, laissant apparaître dans les profondeurs, l'image vacillante de joyaux inaccessibles. Vous savez quoi ! C'est fichtrement beau ! Beau à vous coller le bourdon quand il s'agit de taper son compte-rendu , Scrogneugneu !!!
Pis.... jamais ennuyeuse avec ça ! Elle s'y entend en activité, constante dans la variété et la fréquence des obstacles. Dans ces moments précis, les groupes musculaires tendent à la mutinerie envers la tyrannie de l'estomac, ce notable pompeux qui a imposé son lourd programme de surface, tout en invoquant le bien être du petit peuple laborieux. On n'en a plein le dos ! Le peuple aura ta peau !
Ouf ! une tyrolienne !
Curieux, notre conception des kits futurs se modifie en de pieux projets de gestion durable.
Notre équipe a débuté avec la visite des affluents Viré et des 3 Topos. Une excellente initiative, à retenir pour consacrer du temps à cette première partie de la cavité. Ce choix nous maintient durant trois jours, dans un état de curiosité tendue envers ce que nous réserve la suite du parcours, mais notre petit comité ne manquait pas d'humour. Qu'on le veuille ou non, le bivouac 5000 est une ponctuation importante de ce voyage, nous y parvenons au terme de deux bivouacs successifs.
Voilà ! Nous y sommes !
Et nous y sommes même très bien, à partir de là cette nuit de 8 jours a défilé trop vite...
De ce cœur fossile chaleureux nous rayonnons chaque jours vers les artères vibrantes de la rivière, pressés de retenir les images de ces lieux fabuleux et renommés.
De nouvelles habitudes ont pris place, enfiler la peau de limace (la sous-combine trempée de la veille) quotidienne devient vite une métamorphose ordinaire. L'ambiance est joyeuse, nous nous partageons et nous régalons chaque soir des excès qui pesaient lourdement sur nos épaules et qui à présent, s'étalent sur les tables de pierre et s'offrent en bric-à-brac à la dégustation (les Chocolats des Suisses, le Pastis des Vendéens, le pain d'épice de Jef, le Calva à 75° d'Yvon, le pinard de Tony ...), ou à la simple curiosité (crêpes au pâté de Tony et les algues de Nadine).
Notre troupe d'artistes a fait relâche mercredi, laissant brûler de petites bougies qui éclairaient les différentes scènes au cours de la journée. Installée avec les Vendéens, nous rejouons du Pagnol, pas besoin de jeux de cartes, la posture suffit. Les autres protagonistes entreprennent du Faydeau, fuyant dans la coulisse de droite ou de gauche au gré des actes. Nos helvètes mémorables, riches en vitamines, grimpes dans les cintres rythmant leur chorégraphie au marteau à spitter et en hurlant des: --- Ho ! Gary !!!! --- Eh ! Cédric !!!
L'équipe de tournage de Jeff et Bob, photographes acharnés, traverse fermement l'espace à la recherche de nouveaux décors, suivis de leurs figurants et assistants éclairagistes. Nous jouons une pièce sans fin, le soir seulement s'ajoutent de nouveaux actes, écrits à la faveur des improvisations.
Quitter la scène est difficile.
Au fur et à mesure que nous progressons vers la sortie, ce n'est plus ce que nous devons atteindre qui nous préoccupe mais la distance qui nous sépare de ce que l'on quitte. Nous nous avérons plus efficaces et plus rapides, mais au regret d'avoir douté de nous, nous privant du plaisir de quelques heures d'errance en plus. La stupeur nous saisie quand au loin se découpe la carte postale touristique de Padirac éclairée. Le museau bas on se replie volontiers vers la corvée de nettoyage qui nous sauve pour une heure encore, de la résurrection. Il y a comme une confusion à prétendre revenir de Padirac, je l'avoue, j'ai la sensation d'être toujours un peu là bas. C'est elle, la Rivière qui a fait son chemin et ainsi a agrandi son domaine, un joli sentiment de hantise réciproque et le souhait de le renouveler.
Et le dragon, vous l'avez vu ?
Mais si, c'était un dragon blanc,vous vous souvenez, il crachait des flash, "frouppe" du matin au soir !
En tout cas une chose est sûr, lui, il nous a vu !
Venez voir ! Là, c'est beau !!! C'est le clic pour rentrer dans l'album de Jeff clic !
Et par ici vous pouvez poursuivre l'aventure avec le cliiiic Suuiiiisssse de Cédric et Gary qui montent, qui montent ...

Expé Padirac du 4 au 11 avril 2009
Yvon Glenn Fred.A
Laguernouille Seb Youen Lionel Fred.B Doudou Tony
Cat Bob Nadine Gary
Jeff Cédric Jean-Marie
Sur Papier, fichier PDF :
PADIRAC__LOT_46_CR_Tony
CR_Padirac_Cat
29 mars 2009
Le Lot
Le soir de Noël, la voiture chargée de matériel, nous gagnons le paysage du Lot qui, au petit matin se dévoile sous un manteau neigeux digne d'une carte de vœux. Faire les courses s'avère être une épopée qui nous prendra plusieurs heures et, nous craignons que les copains hésitent à nous rejoindre. Finalement ils arrivent de bonne heure pour s'épargner les difficultés dues au verglas dans la nuit.
Le programme est en deux parties, d'un côté une désobe pour Mathieu et Gilles. Ils s'attaquent à un puits sournois, boueux, étroit, ne tolérant qu'un comité trié sur l'épaisseur de la tranche et qui devrait les occuper pour la semaine, bénéficiant parfois d'un soutien moral en surface.
Le reste du groupe, pas frustré pour autant, se contente de réaliser des sorties dans un rayon ajusté par les aléas de la météo.
Alain et Julien présents pour le week-end débutent la progression sur corde et, sans trop réfléchir nous proposons d'aller à la classique de rigueur: la Crouzate.
Nous nous entassons dans la bétaillère de Willy qui lache dans l'espace quelques mots traduisant ses inquiétudes concernant des facteurs d'inclinaison, de courbes, de nuances de la neige, de freinage... Tout un tas de considérations qui se perdent dans une indifférence générale, car ce n'est pas moins de trois GPS qui viennent de se géolocaliser, imposant leur dictature technologique au faible doute humain. Je rappelle que nous nous rendons à la Crouzate dont la plupart d'entre nous connaisse le chemin par coeur... Durant toute la semaine, le chauffeur subira une hiérarchie robotisée pour le plaisir de réaliser des tests comparatifs.
Picsou s'occupe de l'équipement, ses grandes jambes comme un compas lui donne l'air de mesurer les lieux avec précision, il prend les fractios de haut, les nœuds s'enchainent, les mousquetons claquent sèchement jusqu'au détail qui attire mon attention. Il porte plusieurs paires de gants. De gros gants en caoutchouc qu'il retire pour ajuster les nœuds, laissant apparaitre dessous d'autres, plus fins, gris et blanc, ce qui confère à ses geste la dignité d' un major d'homme.
-- La vire de ces Messieurs Dames est en place !
S'ils veulent bien se donner la peine ?!
Philippe n'échappe pourtant pas au "spit de la tergiversation" ou je me suis installée par anticipation. Sur le bombé de la coulée, il entame un menuet espérant trouver mieux sur les parois alentours pour, au final se rendre à l'évidence de ce malheureux spit, systématiquement recalé durant les dix premières minutes de l'équipement du puits.
Le lendemain, Picsou regagne ses quartiers et nous poursuivons notre périple éducatif à l'Igue de Bar. Aucun d'entre nous ne connait cette cavité si ce n'est ,que le souvenir de belles photos de gours est parvenu à nous convaincre. Marc descend lourdement lesté par du matériel vidéo, une sorte de gros saladier émerge de son kit qu'il manœuvre avec précaution. Il nous éclaire les lieux avec une lumière proche de celle du soleil. Voilà un des avantage que comporte la compagnie des vidéastes et photographes, sans compter qu'un brin d'esthétisme suffit parfois à les occuper longuement.
Après avoir joué l'astre solaire autour d'une coulée, ils l'abandonnent dans un crépuscule pour découvrir un peu tard la galerie des gours. Nous décidons de revenir un autre jour pour poursuivre la mise en boîte.
Sub et Sylvain délaissent durant une journée les festivités familiales pour nous rejoindre à l'Igue de l'Angélie. L'entrée est assez curieuse, une dalle de pierre moussue en recouvre la majeur partie. Sa situation géographique, proche de la désobe des deux Zigs sert de prétexte à sa visite, et revendiquer une forme d'intérêt et de participation à leur effort. Quoique, des fois il vaut mieux ne pas trop se pencher ... Le doute pourrait surgir de l'ombre. Tout allait bien jusqu'à atteindre la lucarne du dernier puits de 35m. Au dessus du fractio s'est imprimée une belle tache sombre de charbonnage de l'acétylène, message qui annonce le souci qui nous attend à peine quelques mètres plus bas. Le plaisir de descendre un joli volume est supplanté par celui d'y étouffer, la galerie est gavée de CO2. L'équipe au complet est fichée au sol, économe de geste et cherchant l'air et la motivation. Monique et Marc décident de regagner la surface. Nous, nous entêtons à poursuivre, le moindre talus d'argile nous demande un effort. Le Sub équipe un ressaut que nous dégringolons en songeant déjà qu'il se fera mériter au retour, ce qui sera le cas. Willy et moi, accuserons avec ironie l'équipement.
Dans une telle atmosphère, on a surtout l'impression d'essayer de faire quelque chose plutôt que d'y parvenir. Sub et Sylvain ont essayé d'aller plus loin, Willy a essayé de faire des photos, j'ai essayé de faire un croquis et, nous avons enfin récupéré au sommet du dernier puits, une bouffée d'oxygène !!
( En général je me contente d'indiquer les zones de noir et de gris pour les finir plus tard, mais là les deux gars motivés c'est de la frime, je les ai rajouté après pour l'échelle ;)
A suivre







































