Un coup d'œil dans le rétroviseur, le brouillard gobe la voiture de Tony pour la recracher aussitôt, les phares éberlués.
Il est 7h30 du matin, le 4 avril, l'heure du rendez-vous.

C'est un jour boudeur, opaque, avare de détails, faisant de chaque courbe un mystère, épaississant le flou qui encadre le voyage que nous entreprenons. Cramponnés au nuage, nous roulons.

Voilà ! Nous y sommes ! Ils n'attendent plus que nous.

Comme dans une estampe asiatique, au dessus du rond-point, un parking perché, encerclé de volutes supporte le petit groupe de participants, 17 en tout.

Je n'ai pas pris le temps de chercher dans le ciel, le dragon qui a toussé ce décor. Peut-être à notre approche s'est-il enfui au fond d'une galerie ou tapie dans l'obscurité, il patientera ?

  Jef et Bob, orchestrent la manœuvre, nous bousculant gentiment. Les esprits flottent déjà, chahutés par des doutes divers, l'apparence des gestes et des choses est à l'éparpillement. Les kits tombent des coffres, certains déjà prêts, d'autres se remplissent à la limite de l'étouffement, les canots gonflent, dégonflent. Les équipiers se scrutent, s'identifient, s'équipent, se rassemblent dans le claquement des pagaies et se dirigent d'un pas décidé vers cette certitude, l'entrée de Padirac.

Halte là ! Le rituel n'est pas complet, on escamote notre objectif et un groupe de touristes en profite pour nous doubler. Devant les escaliers, notre précieux matériel se transforme en colline derrière laquelle on se coltine. Tassez-vous dans le viseur ! Bord droit, bord gauche ! Clic! Clac ! Tout le monde est dans la boîte ! Allez, encore une , on ne sait jamais !

Voilà ! Nous y sommes !

  Dans les ascenseurs, compactés, dans les barques, bien rangés, le long des passerelles s'esquiver, un sourire aux lèvres au passages du guide et attendre qu'il s'éloigne pour faire racler le canot sur le béton, et se faire surprendre aussitôt par son successeur. A ce stade là, c'est ici ou l'apprenti Padiraquois  se padiraquise.

Le port est en vue et, même si le doute sur ce premier embarquement demeure, il ne souffre d'aucune hésitation. Un véritable lâché de spéléos s'égraine sur le lac d'eau vert émeraude encore éclairé par les projecteurs.

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  Quelque soit notre expérience souterraine, Padirac est unique, inconsciemment on s'incline devant sa Majesté, recevant ses faveurs comme des privilèges. Elle charrie nos repères, exige des efforts et nous trouble soudain. Au détour d'un méandre, la voûte s'élève, l'espace s'obscurcit, l'eau d'un vert profond nous environne offrant un calme étrange, laissant apparaître dans les profondeurs, l'image vacillante de joyaux inaccessibles. Vous savez quoi ! C'est fichtrement beau ! Beau à vous coller le bourdon quand il s'agit de taper son compte-rendu , Scrogneugneu !!!

Pis.... jamais ennuyeuse avec ça ! Elle s'y entend en activité, constante dans la variété et la fréquence des obstacles. Dans ces moments précis, les groupes musculaires tendent à la mutinerie envers la tyrannie de l'estomac, ce notable pompeux qui a imposé son lourd programme de surface, tout en invoquant le bien être du petit peuple laborieux. On n'en a plein le dos ! Le peuple aura ta peau !

Ouf ! une tyrolienne !
Curieux, notre conception des kits futurs se modifie en de pieux projets de gestion durable.

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  Notre équipe a débuté avec la visite des affluents Viré et des 3 Topos. Une excellente initiative, à retenir pour consacrer du temps à cette première partie de la cavité. Ce choix nous maintient durant trois jours, dans un état de curiosité tendue envers ce que nous réserve la suite du parcours, mais notre petit comité ne manquait pas d'humour. Qu'on le veuille ou non, le bivouac 5000 est une ponctuation importante de ce voyage, nous y parvenons au terme de deux bivouacs successifs.

003_Padirac_bivouac_5000

  Voilà ! Nous y sommes !

Et nous y sommes même très bien, à partir de là cette nuit de 8 jours a défilé trop vite...

De ce cœur fossile chaleureux nous rayonnons chaque jours vers les artères vibrantes de la rivière, pressés de retenir  les images de ces lieux fabuleux et renommés.

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  De nouvelles habitudes ont pris place, enfiler la peau de limace (la sous-combine trempée de la veille) quotidienne devient vite une métamorphose ordinaire. L'ambiance est joyeuse, nous nous partageons et nous régalons chaque soir des excès qui pesaient lourdement sur nos épaules et qui à présent, s'étalent sur les tables de pierre et s'offrent en bric-à-brac à la dégustation (les Chocolats  des Suisses, le Pastis des Vendéens, le pain d'épice de Jef, le Calva à 75° d'Yvon, le pinard de Tony ...), ou à la simple curiosité (crêpes au pâté de Tony et les algues de Nadine).

  Notre troupe d'artistes a fait relâche mercredi, laissant brûler de petites bougies qui éclairaient les différentes scènes au cours de la journée. Installée avec les Vendéens, nous rejouons du Pagnol, pas besoin de jeux de cartes, la posture suffit. Les autres protagonistes entreprennent du Faydeau, fuyant dans la coulisse de droite ou de gauche au gré des actes. Nos helvètes mémorables, riches en vitamines, grimpes dans les cintres rythmant leur chorégraphie au marteau à spitter et en hurlant des: --- Ho ! Gary !!!! --- Eh ! Cédric !!!

L'équipe de tournage de Jeff et Bob, photographes acharnés, traverse fermement l'espace à la recherche de nouveaux décors, suivis de leurs figurants et assistants éclairagistes. Nous jouons une pièce sans fin, le soir seulement s'ajoutent de nouveaux actes, écrits à la faveur des improvisations.

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  Quitter la scène est difficile.

Au fur et à mesure que nous progressons vers la sortie, ce n'est plus ce que nous devons atteindre qui nous préoccupe mais la distance qui nous sépare de ce que l'on quitte. Nous nous avérons plus efficaces et plus rapides, mais au regret d'avoir douté de nous, nous privant du plaisir de quelques heures d'errance en plus. La stupeur nous saisie quand au loin se découpe la carte postale touristique de Padirac éclairée. Le museau bas on se replie volontiers vers la corvée de nettoyage qui nous sauve pour une heure encore, de la résurrection. Il y a comme une confusion à prétendre revenir de Padirac, je l'avoue, j'ai la sensation d'être toujours un peu là bas. C'est elle, la Rivière qui a fait son chemin et ainsi a agrandi son domaine, un joli sentiment de hantise réciproque et le souhait de le renouveler.

  Et le dragon, vous l'avez vu ?

Mais si, c'était un dragon blanc,vous vous souvenez, il crachait des flash, "frouppe" du matin au soir !

En tout cas une chose est sûr, lui, il nous a vu !

  Venez voir ! Là, c'est beau !!! C'est le clic pour rentrer dans l'album de Jeff clic !

   Et par ici vous pouvez poursuivre l'aventure avec le cliiiic Suuiiiisssse de Cédric et Gary qui montent, qui montent ...

photo_de_groupe
 
     Expé Padirac du 4 au 11 avril 2009
                           Yvon Glenn Fred.A
Laguernouille Seb Youen Lionel Fred.B Doudou Tony
            Cat  Bob Nadine          Gary
                               Jeff Cédric  Jean-Marie

Sur Papier, fichier PDF :
 PADIRAC__LOT_46_CR_Tony
CR_Padirac_Cat

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